Le Blog de l'ADMD - Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité
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COMITÉ D'HONNEUR DE L'ADMD

Par Maître Mickaël Boulay, administrateur de l'ADMD, délégué pour le Maine-et-Loire


"Il lui avait promis qu’elle ne souffrirait pas … "
C’est l’histoire d’un couple, marié avec un enfant. Madame est atteinte d’un cancer du sein depuis le début des années 2000. En 2009, son cancer récidive, elle est prise en charge à Metz.

Son état de santé s’aggrave et son cancer se généralise. Les époux décident alors de signer des directives anticipées. Elle désigne son époux en qualité de personne de confiance et il promet qu’elle ne souffrira pas. Elle ne souhaite pas que l’on entreprenne ni poursuive des actes de prévention, de soins qui n’auraient que pour seul et unique objectif la prolongation artificielle de sa vie.

Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2011, elle rencontre d’importantes difficultés respiratoires liées à un encombrement anormal des bronches et elle sera admise dans un premier hôpital. Son état de santé étant catastrophique, le personnel médical va considérer la patiente comme étant en fin de vie. Il va donc être décidé de tenter de stabiliser son état de santé mais de ne lui administrer qu’un traitement purement palliatif. C’est à cet instant que son époux et sa fille lui feront leurs adieux. Elle sera ensuite correctement sédatée et profondément endormie. L’objectif poursuivi étant qu’elle meurt sans douleur et sans soin complémentaire.

Mais, elle sera transférée en urgence dans un second établissement en fin de matinée du 1er mai 2011. Vu notamment l’absence des médecins responsables de soins, il ne sera pas poursuivi la sédation initialement entreprise !

La sédation ne sera reprise que le 4 mai, la patiente sera angoissée et souffrira de manière inadmissible pendant ces trois jours. Lors d’épisodes de conscience, elle rappellera son souhait de ne plus souffrir… Son époux n’a pas réussi à obtenir des intervenants médicaux qu’ils assurent une sédation permanente et adéquate afin d’éviter que son épouse ne souffre trop. Elle va décéder consciemment le 8 mai suivant, soit une semaine après son admission.

Pourtant, elle avait très clairement exprimé son souhait d’éviter tout acharnement thérapeutique dans l’hypothèse où son diagnostic vital serait remis en cause. Au regard de cette situation révoltante, nous venons de saisir le Juge des Référés de Metz d’une demande d’expertise pour qu’il soit constaté que la patiente a souffert de manière inadmissible et que les services hospitaliers ont été réfractaires à assurer une sédation suffisante et prolongée de la patiente. Au surplus, il a été demandé que l’expert constate que les directives anticipées n’ont pas été respectées.

Cette affaire révèle que, ni les directives anticipées, ni la sédation du « laisser mourir », n’ont été respectées. Ce n’est pas un cas isolé et il ne faut pas hésiter à saisir les juridictions pour faire savoir que la loi Léonetti n’est pas appliquée.

L’inapplication de cette loi imparfaite devrait faire comprendre à notre législateur toute la nécessité d’en changer.

Rédigé le Jeudi 16 Février 2012 à 17:44 | Commentaires (3)


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